
Elle était là cette fontaine, perdue dans les bois d'une forêt plus que centenaires.
Elle était née, un jour d'hiver, où le givre vous fige de ses
cristaux.
Sa source limpide, coule et s'éparpille entre mousses et feuilles
mortes
Un moment, elle a été désirée, bue, canalisée.
Un barrage a été dressé.
Mais ,qui peut arrêter le flux d'une source ?
Sa soif de liberté , de passion, d'amour ?
Elle s'est endormi, s'est perdue dans ces bois profond,
terrée, sauvage, à l'abandon.
Elle attend, elle attend quoi ?

Un sourcier.
La prophétie peut être réalisée.
Donne lui cette chasuble pour le
froid,
écarte à son passage, les
branches qui retiennent,
les pierres qui font
obstacle.
Gratte à sa semelle, son
scrupule qui ralentit sa course.
Rassure le, de n'être pas
né,
à la même décennie, c'est lui le
puisatier,
Qui saura boire à sa
source.
La source de jouvence, pour lui
et elle.
Aujourd'hui,
dimanche
et la neige sera peut-être
présente
sur les contre forts de la
Sainte Baume.
Elle a peur qu'il ne
puisse pas trouver la margelle,
dernier obstacle à sa
résurgence.
Elle le regarde grimper, lui
porte un regard doux et tendre.
C'est son beau scavatore, son
Homme.
La lune l'observait, les étoiles le guidaient dans cette nuit froide. La chasuble
suffira-t-elle à le réchauffer ?
La fontaine, elle même ne savait pas vraiment se servir de cette
mante,
Mais il faut bien se prévenir des
morsures du gel.
Ils s'en accommoderont tous deux. Peut-être au
printemps,
à la douceur des bourgeons, ils la laisseront tomber.
Ils profiteront, alors, des caresses du soleil,
sur leurs peaux mises à
nues.
Pour ses cicatrices, la source lui avait envoyer des feuilles
d'ancolies,
Fleurs qu'elle voyait éclore à chaque printemps.
A-t-il su panser ses plaies ?
Elle-même avait peur de cette nuit
de ce froid, de ce givre qui risquent de lui prendre et son puisatier et son
fluide de vie. Elle aussi elle entendit cet arbre craqué,
elle eu peur.
Une angoisse, une bulle d'air, interrompit sa course
:
Et si elle n'abreuvait pas l'éternelle soif de son puisatier
?
Elle n'était pas jalouse des autres beaux puits.
Elle en connaissait deux de ces sources profondes
Elle les aimait et avait peur de les blesser
Ravir leur puisatier.
Mais Elle n'a pas été fidèle à une époque d'eau trouble
Elle s'était trompée de sourcier et elle le laissa boire à sa source.
C'était l'apprenti puisatier qui lui laissa la sensation de n'être
que
cette mauvaise fille. Sa mère avait raison.
Elle faillit se tarir à jamais ...
Et maintenant Le poète, Le doux puisatier que vous êtes me redonne espoir d'être à nouveau cette petite fille,
curieuse et amoureuse.
Quel était donc ce trésor qu'il narguait ?
"Je redoute demain, Je me languis demain."
Elle espère,seulement, ne pas le
décevoir.
Elle comprenait ses doutes ,ses peurs.
Elle maudissait cette faucheuse
sadique qui,il y a huit ans, essaya de lui faucher ses jambes, ses envies, ses amours.
Mais il était fort ce puisatier, on ne terrasse pas un tel être qui fait d'aussi
beaux puits.
Elle aurait voulu être là avec ses feuilles d'Ancolie pour le soigner, le rassurer,
l'aimer.
Le bercer, l'embrasser, lui faire retrouver sa jeunesse qui ne l'avait pas vraiment
quitté.
IL EST. C'est le puisatier.
Est-elle à la mesure de sa renommé ?
Mérite-elle la visite ce puisatier ?
"Je redoute demain, je me languis demain ."
je me languis demain. Je suis trop curieuse Les petites filles curieuses comme moi finissent toujours par se
faire embrasser par le puisatier.
Elle grondait car, peu être, elle voulait être ces arbres nonchalants, cette herbe
folle
ces pies voleuses et ces sauterelles paresseuses.
Elle n'avait pas la clé de ce miroir magique,
elle n'osait peut-être pas mettre la
clé dans la serrure,
elle enviait les êtres libres de toute chaînes, devoirs,
elle voulait se débarrasser de cette glu de principes
mais ,elle avait peur d'ouvrir la boite de pandore.
Ne plus se poser de question et suivre le vent.
Le puisatier, vivait les saisons au fil des ans
l'automne est la saison des romantiques, des poètes
Elle ne veut pas du spleen,
elle veut sentir ses couleurs chaudes et flamboyantes,
c'est la saison des sages car il faut se préparer à
l'hiver.
le printemps reviendra, c'est ainsi.
Pureté, elle ne peut-être car humaine, elle est
Je vous demande de bien garder cette clé, car demain il faudra la chercher
IL est,
VOUS êtes, TU es le puisatier
Il était là, surplombant la cache des genets, des cades, des genévriers,
impatient, à peine essoufflé d'avoir gravi la colline,
Il attendait cet instant depuis si longtemps,
elle le voyait à travers les épines des argerats, il était
flamboyant
"Passe les derniers obstacles des piquants,
reprends ton souffle, tu en auras besoin,
viens t'abandonner sur les fougères,
assures toi de la fraîcheur des lieux.
Je coule pour toi, lapes moi,
Enfin tu es là, je chavire de plaisirs, et je t'inonde de mon amour."

L'un dans l'autre, dans ton chavirement tu as oublié de me conter ton secret.
Tu m'as murmurer tes agréables maladresses,
j'ai babillé mes charmantes indélicatesses.
Il est, vous êtes , tu es le puisatier.
Cette chasuble au profond de moi ne m'a rien laissé.
Mais tu m'as laissé ta jouissance et ton sommeil
dans ma mousse, doré par le soleil.
J'inonde ces terres de la
Baume,
ma source ira rejoindre les vagues au
loin.
La mer ira chanter sur tous les galets de la terre
cet immense joie d'avoir trouver le puisatier.
'Entends-tu ?"
Porteurs de graines mais, ils sont la
poudre des ailes des papillons, ils sont les pollens des Ancolies, ils sont la poussière des gouttes d'eau. C'est ça la magie : le rayonnement de voir non pas l'essentiel mais l'éternel caché,
l'éternel secret, l'éternelle poésie.
J'inonde ces terres de la Baume,
ma source ira rejoindre les vagues au
loin.
La mer ira chanter sur tous les galets de la terre
cet immense joie d'avoir trouver le puisatier.
'Entends-tu ?"
Entends- tu puisatier, le murmure de l'écume
sur le sable chaud, il n ' y a pas d'amertume
Entends- tu sorcière, le chant de la source
Elle a brisé le sort, elle coule, elle ne peut plus arrêter sa
course.
le cristal peut chanter mais il reste froid et ne se contorsionne pas au lapage du
puisatier
Et comme Ulysse vous avez entendu, mais attaché à ce mat déjà dressé, vous n'avez pas tout de suite plongé
Est-ce vraiment mon baisé ? qui vous a réveillé
ou le chant du ......
Le froid s'installe, l'hiver s'emballe
tout est endormi le matin, le givre fait son travail
Il cristallise des instants de vie.
Il a raison de lui tenir les mains, elle se laissera séduire ainsi retenue. Elle
lui boudera un temps son baisé pour qu'il quémande à son tour son désir retenu.
Je ne veut pas d'un ' je serrai l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre
de ton chien"
Et moi je serai , Aladin ,sindbad le marin et même alibaba.

Le givre pénétrait le puisatier.
Elle ne l'a pas vu se couvrir de givre.
Elle s'était terrée pour éviter les morsures de l'hiver,
se réveilla au premier rayon bleu du
jour.
Elle était heureuse de connaître ce petit matin.
Elle ne s'était pas gelée mais uniquement refroidie.
Une mante lui avait assuré de couler à nouveau
Et Elle le
retrouva,
endormi sur sa
mousse.
Veilleur, bien aimant, bien veillant
Toute la nuit Il a ravaudé son
coeur,
Il était là comme un enfant
figé du sourire du bien
heureux
"Tu sens bon la Terre, le buis,le silex, le genièvre
tu es à toi seul toute la Baume endormie"
Alors elle le berça de son chant,
elle versa, sur lui, ses
clapotis
Elle lui murmura des sons
harmonieux,
lui glouglouta des mots tendres et reposants.
"Sommeilles mon beau
puisatier
je veille sur ton petit jour".

Ton huis n'a pas toujours été clos pour moi...
Tu seras au fond de mes pensées, au creux de ma main, rien ne pourra
m'étancher. La source coulera toujours pour son puisatier, elle est comme ça,
Il s’inquiétait, assit contre l’oratoire. Elle aussi s'inquiétait, s'il ne venait
plus la voir, qu'adviendra-t-il de son trop plein d"amour, son fluide essentiel coulerait pour qui ? elle se perdrait de nouveau, enterrée car son
puisatier ne partagerait plus rien avec elle.
Et si son inspiration le quittait ? S’il devenait stupide, aveuglé par l’amour,
comme ces guêpes qui obstinément cherchent à passer à travers les vitres ?
Que ferait-il au fond de son puits sec,sombre,devenu le tombeau des regrets ? Si cet amour est vrai, sincère et partagé, ces guêpes ne penseront qu'à butiner les ancolies. Elles n'iront pas vers
ce mur de glace. Sa source n'est pas au fond d'un puits sec, sombre, elle ne sera pas sa tombe. Elle coule en surface entre mousses, genet, buis, houx, thym, romarin, elle respire à travers lui
dans la Baume., dans les collines au soleil. Pourquoi fallait-il qu’il se tourmente ainsi ?
Le trop de bonheur ? L’incroyable chance qui avait noué la source a son cou
?
Il y a des portes que l’on franchit rarement dans sa vie. Il avait assez vécu pour
le savoir. Ces instants miraculeux sont fugitifs. Ils éclairent nos yeux aveugles. Ils jalonnent notre course comme autant de phares qui de leurs
fanaux clignotants ponctuent les vides sombres du temps. Il faut croire au bonheur et savoir être aveuglé par lui Je n'ai pas de regrets, que du bonheur à prendre et à
donner

La neige est tombée, de son travail la source n'a rien
vu.
Neige intemporelle, éphèmère, elle a aussitôt fondu,
disparu.
mais en rentrant le soir, elle voyait valser devant ses
phares,
emportés par des rafales glacées,des flocons épars.
Elle sourit devant ce manège enchanté,
les flocons n'étaient pas ces guêpes affolées,
qui se jetaient aveuglées par la vitesse
dans les glaces des gens en allégresse.
Les joyeux flocons ne faisaient que valser
autour des phares et sembler embrasser
la vie, de plein vent, sans arrières pensées.
La source souhaitait dans ce jour nouveau
que son puisatier,au retour de son resto
dans la nuit ,sous la voûte céleste,
fusse lui aussi rempli d'allégresse
en admirant dans ces phares
ces farfadets magiques et épars.
Le puisatier était malade.
Mistral pouvait crier, Hiver fouetter, Olivier geler.
Il avait contracté l’Amour.
La source était grippée.
Mistral pouvait hurler, Hiver cingler, Olivier congeler.
Elle avait contracté l'Amour à son tour.
Elle ne souhaite jamais guérir.

Elle même avait marmonné ceci un jour de tristesse :
"Cicatrices,
Il y en a des visibles et des invisibles, des mangeuses de chair et d'autres
d'âmes, des profondes, des superficielles, des intentionnelles, des accidentelles, des cruelles et des irrémédiables...
Ma mère dans ses moments de folies pouvait en infliger autant à l'âme qu'au corps.
Artiste peintre maniant son couteau pour appliquer l'huile ou amatrice de sculpture pour façonner sa glaise. Le coup de couteau reste sur, maladroit, décisif... l'oeuvre apparaît peu à peu,
façonnait par le maître ? Ou est-ce l'oeuvre qui se façonne ,se forge, se découvre par ces incisions ?
Elle pouvait porter en collier cette ceinture de cuir, me jeter la table de la
cuisine qui par bonheur s'écrasa à mes pieds, me lancer cet Opinel qui me toucha au mollet seulement, ces mots cruels postillonnés et crachés sur mon coeur... Ce n'est pas Elle qui m'a touchée
mais les cicatrices qui m'ont forgée, m'ont rendu ce que je suis maintenant. Ces cicatrices qui peuvent encore saigner, d'autres qui s'estompent..."
Et son puisatier qui ne l'était pas vraiment à l'époque lui répondit
:
" Penses à moi quant tu te caresses , on ne pénètre pas qu'avec les
couteaux.
Je connais un baume qui cicatrise ces blessures ..." Vous m'avez donné ce Baume.
Fallait-il que la source soit profonde pour accepter de tels présents . Vous avez
accepté mes cicatrices et je vous ai offert les feuilles d'Ancolies, des Simples. Je coule désormais au soleil avec votre onguent.
Fallait-il que le puisatier soit aveugle pour ne rien voir ! "ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles;
si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse." Serais-je moi aussi aveugle ? même si nos récits, nos ressentis sont teintés dans le romantisme, nous restons lucides.
Vous n'êtes pas aveugle, et ne suis pas charitable.
Heureusement qu’il pouvait raconter tout ça aux grillons, qui sont, comme chacun
le sait, très discrets. Malgré tout, le puisatier avait de la pudeur. 'OUI" et c'est pour cela que la source coule librement d'Amour pour son puisatier.
Le paradis c'est de se perdre sur vos lèvres, vos lèvres si tendres et votre langue vagabonde, le paradis
c'est de sentir ce chaud vous envahir., le paradis c'est de vous entrevoir entre 2 hublots, si prêt, si loin. Mais là. Le paradis de savoir que demain, nous,nous retrouvons, Votre petit caillou
dans ma poche, ma main dans la votre, la route va être longue mais douce car nous sommes deux.
Le paradis c'est de se perdre sur vos
lèvres, vos lèvres si tendres et votre langue vagabonde, le paradis c'est de sentir ce chaud vous envahir., le paradis c'est de vous entrevoir entre 2 hublots, si prêt, si loin. Mais là. Le
paradis de savoir que demain, nous,nous retrouvons, Votre petit caillou dans ma poche, ma main dans la votre. On ne sait pas si la route va être longue mais nous sommes dèjà en
voyage.
Cette sente monte au ciel, petits cailloux blancs dans la garrigue. Qui les a
perdus ? Les manons, les puisatiers, les Florettes, les Hugolins, ? Petits cailloux blancs mèneront- il à la source cachée, trésors des anciens ?
Ils sont si blancs; si sec que le puisatier en a mal à sa semelle. Mais il est fier, pudique, jeune amoureux, fougueux il mire son horizon, cet azur, sa source fraîche tapie entre genets
et pebre d'ail
Que la colline grimpe !!! et cette source qui ne pense qu'à la dévaler. Où es la
combe qui va la retenir un peu ?
Elle a peur des orages, de ses pluies torrentielles qui risquent de la perdre, la
traîner dans la boue. Peur de devenir dévastatrice, ne plus rien contenir, retenir, exploser ses sentiments, ses désirs. Noyer son
puisatier.
Un trop plein d'Amour, se déverse où ?
Laissez moi rester dans le creux de vos mains, de votre bouche. Laissez moi votre
rameau en pousse, dans mon fluide il ne peut que croître.
Laisser moi couler pour
vous.
A trop chauffer l'eau boue, et devient vapeur..."Mefi" en cet état elle peut aller jusqu'à son
huis et pleuvoir toute la nuit sur les persiennes. Tac tac fait la pluie !!!
je suis bien ainsi lovée dans votre trou
attention la mélancolie nous guette....pourquoi ne suis je pas cette vapeur pour
voler jusqu'à vous et vous pleuvoir dessus tout mon amour ?
En vrai
C'est pourquoi la voûte céleste pleure ce soir
Tac tac fait la pluie sur les persiennes azurées.
je suis lotie dans le trou de mon amoureux, je n'ai plus peur, il me tient chaud
le coeur, il me protège, me console.....
tac tac fait la pluie sur les persiennes azurées, puisatier es-tu là
?
tac, tac....tac..........tac.............tac.......... .
Mais il n'est pas là, seuls sont ses amis les chats.
Il est parti sous la pluie vers la grande ville, écouté un
Opéra.
Sa source ruisselle sur ces persiennes azurées, elle ne le rencontrera pas. Elle
dégouline, les mains de son puisatier ne la retiennent pas. Elle s'en retourne à la terre, suivre la chute, suivre le ruisseau, suivre l'Huveaune, elle dévale la colline, dégringole ...elle
arrive enfin à la grande ville, se jette dans le vieux port, la mer elle voit les feux de l'opéra, mais il est trop tard, le rideau est
tombé.
Ce soir il est avec sa belle et tendre, mangé des oursins et autres crustacés. Il
rentrera bien tard, il remontera le cours d'eau, vers la colline, vers ses amis les chats. Diront-ils que la source à toqueter à l"huis des persiennes ?
La source est perdue, elle se noie dans cet étendue marine, comment retrouver son
lit, son nid, son trou de mousse ? Le sel, des trop plein de larmes, la brûle. Où est la douce mélopée , le doux regard de son gardien ? La source ferme les yeux...Elle se tarde d'être à
demain...quelques minutes...
La source est désolée, elle est mélancolique, elle n'a plus de feuilles d'Ancolies.
La source est perdue, elle se noie dans cet étendue marine, comment retrouver son lit, son nid, son
trou de mousse ? Le sel, des trop plein de larmes, la brûle. Où est la douce mélopée , le doux regard de son gardien ? la source ferme les yeux...Elle se tarde d'être à demain...quelques
minutes...
La voila elle remonte , tel une saumon elle connaît la route de sa naissance, son
GPS, c'est son puisatier, elle sent son odeur de Terre.
Elle prie Hermes, d'un voyage sans
trop d'embûches. Elle cherche l'embouchure, elle ne doit pas se disperser dans l'étendue salée. Elle doit retrouver les plages sud de cette cité phocéenne. Le Parc Borély est là, à deux brasses
à peine. Elle sent cette urgence de retourner à sa résurgence au plus vite. Car Son puisatier s'échine, se tue à la tache, il creuse, il ex cave des tonnes de gravats. Elle ne veut pas le voir
affouiller pour ne trouver que des vers, rongeurs de chairs, des boues collantes et puantes. Elle ne veut pas que son cercle de lumière se confonde au chat d'une aiguille. Elle veut qu'il cesse
de se morfondre à ne voir creuser que sa propre tombe.
Elle doit remonter cet Huveaune en colère. Aprés toutes ses pluies
diluviennes, le fleuve parcimonieux est devenu un fleuve rageur, il emporte avec lui toutes les haines, les pollutions, les rages de ce monde en perdition.

Hermes, donnes lui tes ailes pour contourner tous les remblais des puits creusés.
Donnes lui la force nécessaire pour retrouver son nid de mousse. Elle doit, avant la nuit, retrouver le fond du puits, le noyer, remplir la poche
de son puisatier et ainsi saisi, elle pourra le dresser jusqu'à la lumière.
Entends-tu de nouveau les oiseaux ?
Voix-tu à nouveau l'astre chaud ? Puisatier attends-moi, espères moi, j'arrive.
Elle a bien fait de courir pour remonter la colline, de braver l'Huveaune en colère, de s'être un moment
noyer dans l'étendue de larmes. Elle n'a pu venir avant le couché de l'astre de lumière, mais qu'importe puisque maintenant ils sont unis. Et avec cette nouvelle rencontre, la nuit ne sera plus
reine, le noir profond du puits et de la nuit laisse place au trait de lumière tracé par leur amour. Ils rayonnent, se réchauffent, la vie revient. Que ces caresses de caresses sont de plus en
plus palpables...
Tu me manques...les caresses des caresses ,restent du virtuel.
J'aimerai sentir tes lèvres contre les miennes, ouïr ta voix dans mon oreille, te
toucher avec mes yeux
humer ton parfum de Terre, voyager avec Hermes dans l'antre de ta
demeure,
parcourir ton labeur, te pianoter de mes doigts...
Rire à tes cotés, écouter les histoires de ta famille, me reposer sur ta poitrine
trouée,
te préparer ton repas du soir, te réveiller le matin d'un
baisé,...
Te faire l'amour, recevoir ton amour...
Sentir tes bras autour de mon cou, tes mains caressantes, ta peau contre la
mienne
ton rameau en moi et lâcher prise complètement.