Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
Le silence est il la mort ?
Le vrai silence va encore plus loin que la mort...
Car le mort, dans sa dégénérescence, ses fluides, ses moisissures, ses putréfactions, ses gaz, va continuer à émettre des bruits. Tant que la matière existe, un bruit même infinitésimal existe. Et comme il a existé il a laissé des traces, des souvenirs, des paroles. Son "âme" ne restera pas silencieuse, elle vivra. Dans nos musées, nos centres de recherche, on fait toujours parler un os même vieux d’un million d’année, ou un fossile...ou Lucy. L'ennui n'existe pas dans ces laboratoires.

Peut-on dire alors que le vrai silence, c'est le vide, le néant, la non matière ?
C'est dans l'étude de la communication qu’on se tait pour écouter l'autre. Ou dans l’année qui suis l’initiation, l’apprenti est silencieux il écoute, il se fait récipiendaire. Ou dans les bruits extérieurs, on est aux aguets, fébrile, pattes de velours. Ou pour s'entendre soi dans ses pensées, on se fait muet pour les autres et sourd au monde extérieur.
AINSI le silence n'existe pas CAR il y aura toujours des murmures intimes dans notre caboche ou les froissements minimes d'une fourmi sur le chemin de son labeur. N’avons nous pas cette puce dans l'oreille ? Le son est comme l'infiniment petit ou grand comme les chiffres ou l'univers.
Alors le seul silence existentiel c'est le néant, le vide ? Et pourtant : notre Univers n’est-il pas né de ce néant ? De ce vide sidéral ? De ce bing bang cosmique ? Bouquant d’enfer.
Explosion de sens : « Du silence naît tout ce qui vit et dure ; car c’est le silence qui nous relie à l’univers, à l’infini, il est la racine de l’existence et par là l’équilibre de la vie ». Comme le son du violon de Yehudi Menuhin qui succède à un silence, le silence succède à la mort. Et de cette mort, ce silence imposé, la vie reprend comme un silence qui permet à la mélodie de renaître. D’être sur la portée l’élément unique qui fera la mélodie. Le silence précède et succède l’harmonie. Et la musique naît. La mort et la vie en fait de même. Un entrelacs de son et de silence.

S'il lance un caillou dans les airs, oscillant cieux et nuages. Que se passera-t-il ? Si lent ce caillou pour retomber, il tendra son oreille pour écouter les ondes ainsi crées ? Distorsion de l'air, ondes soniques, mur du son. C'est une histoire d'ondes invisibles, presque inaudibles mais bien là.
Silence, d'un nuage si lent ce matin à pourfendre les cieux. Silence d'or, propice à la rêverie. Si lent que l'ennui peut s'y installer. Silencieux dans son ennui, il peut s'y plonger, s'y noyer. Devenant silencieux et sourd à la réalité de la vie, il se fait rattraper par cette mort sournoise de l'indiffèrent. Seul, silencieux, son dernier souffle de vie, en onde chaotique se répand une dernière fois avant de sombrer dans le vide, le silence le plus total. Dans l'indifférence générale.

Et pourtant dans ce silence de l'ennui peut naître une richesse et une créativité sans limite.
« L’ennui fait le fond de la vie, c’est l’ennui qui a inventé les jeux, les distractions, les romans et l’amour. » Miguel de Unamuno a raison. Le silence de l'ennui nous ouvre les portes des sons joyeux aux plaisirs de la vie. Le silence est d'or quand il est au service de la vie.
Comme la vie ou la mort, le son ou le silence, apprenons à écouter ou parler , à recevoir ou émettre, à se taire ou dire, à tendre l'oreille ou murmurer, laisser la parole ou prendre la parole, s'écouter ou se contredire. Ainsi Nous aimerons et serons aimés. Nous mourons et nous vivrons.
