Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
Soyons un instant un chétif philosophe, un philosophâtre !
Mettons de la lumière dans cet âstre de vérités

Notre origine étymologique nous joue bien des facéties parfois !
Prenons cet adjectif de Douceâtre. Il nous paraît doux cet âtre ! « Quand le feu dans l’âtre brille, il fait bon fêter la famille » Dicton bien de chez nous. Mais l’âtre le foyer vient du latin « Ater » qui semble dire sombre. Et voilà au lieu de se retrouver dans un doux âtre nous nous retrouvons dans un sombre foyer. Le suffixe utilisé ici –âtre pour former un adjectif ramène à une notion sombre, triste, parfois discriminante et donc péjorative.

Et vlan ! Le douceâtre est celui qui est doucereux, écœurant, insipide, plat, lisse, fadasse. La douceur dont la saveur est agréable, qui n'a rien de rude, est affectée par ce suffixe mal éclairé. Il devient enjôleur, falot, mielleux, sirupeux, benoît, melliflu et patelin.
Il ne faut pas confondre, mes chers philosophâtres, avec les suffixes en –lâtre qui ne sont que des adorateurs de soi-même !
Ciel mais alors le Bellâtre ?

Ce n’est pas du tout un bel homme, un âtre d’esthétisme grec ou romain ? Non, il en devient une pale copie. Il a comme un faux air de beauté, une beauté mêlée de fadeur !! L’homme beau devient par cet âtre froid, le prétentieux chez qui l’impression de beauté est gâtée par un air de prétention niaise. Il en perd sa queue … de cédille et voilà la correction orthographique sauvée ! Cette cédille ira rejoindre le « c » de douçâtre et de garçon ! Rien n’est perdu !
De même ne confondons pas avec les suffixes en –iatre qui sont des esthètes de culture, non pas microbiennes, mais de sciences médicales ! Ce sont des médecins. « Iatros ». Ah les grecs !
Et avec ce suffixe ils deviennent spécialistes :
°Archiatre, médecin chef du roi, et non Acariâtre d’humeur sombre aigre et querelleuse.
° Philiatre qui se livre par goût à la pratique de la médecine et non fillâtre le mauvais beau - fils ou mauvaise belle - fille.
° Pédopsychiatre qui se livre à l’étude des humeurs cachés de nos bambins et Pédéraste (le s est resté donc le a n’est pas chapeauté !) mais non le "r" n'est pas au bon endroit, alors laissons celui ci dans sa sombre noirceur de son âtre mauvais.
Ah sombre foyer ! « Il n’y a rien, dans cette maison, de si froid (de plus froid) que l’âtre » : se dit d’une maison où l’on ne fait qu’un très petit ordinaire, qu’une fort mauvaise cuisine. Comme la marâtre, la mauvaise belle mère ou le parâtre, le mauvais beau père qui assombrissent un foyer, jadis heureux, doux et prospère. Les enfants pleurent, devant l’ âtre leur tendre parent disparu.
Que faire alors devant ces suffixes moqueurs, péjoratifs ? Peut-être s’aérer la tête et les humeurs en allant au Théâtre. AH !
Encore un suffixe en âtre ! Horreur !
Mais non soyons rassurés. « Théâtrum » son origine latine comme le grec ancien : θέατρον, theatron, veut dire Voir ! Ce qui doit être vu, un lieu où l’on regarde !! OUF !
Alors comme nous le dit si bien Jules Renard dans son journal :
« Nous voulons de la vie au théâtre, et du théâtre dans la
vie. »
Quel emplâtre !
J’ai dit.
Philosophâtre folâtre. PF.°.
