Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
Une Passacaille retentit dans mon cœur, litanie des marins pour oublier l’effort. Les même notes pour oublier cette misère du vague à l’âme qui vous transporte dans un rondeau, ce même refrain en boucle. Éternel radeau en partition. En perdition sur une mer agitée. L’effort de ne pas se soumettre aux éléments déchaînés. Passacaille en variation rythmique qui vous secoue de bâbord à tribord, sans délicatesse. Loin d’une douce, fluide, mélodie d’une mère aimante. La mer est ni d’huile, ni lisse, elle vous laisse en sueur, en nage. La litanie des mêmes notes pour oublier l’effort de ne pas finir noyer ou emporter par les cantates des créatures fabuleuses. Les chimériques sirènes.

Une Passacaille qui vous assaille comme une basse obstinée, une vague déferlante d’amertume, d ‘algues strangules, d’iode saline. Le sel de vos larmes mêlé à celui de la portée marine, ne cristallisent plus vos chants plaintifs échangés dans les ports, mais stabilisent la mélopée, rengaine caverneuse, sur votre cœur trempe.
Et pourtant la Passacaille circule, danse dans les ruelles étroites privées de lumière et d’ombres sous-marines. Elle cadanse, populaire. Et sans effort, elle chaloupe dans les salons, sous les doigts de Couperin ou d’Haendel. Dans les gorges des marins, des tuyaux d’orgues, des cordes d’harpistes, le même rondeau en maquereau frétille entre deux variations, deux brassées et une grave obstinément présente sur la grève.
Quand la Passacaille vous assaille, prenez garde de ne perdre vos entrailles…

Pour Maman.