Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.

A une passante
La chambre étouffante autour de moi sanglotait,
« Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse »
Une faucheuse passa, d’une traine fastueuse
Soulevant, balançant la faux et l’ourlet.
Furtive et fière, avec son port de statue.
Moi je bullais, crispé comme un mourant,
Dans son œil, noir livide où germe l’ouragan,
La frayeur qui fascine et la peur qui tue.
« Un éclair… puis la nuit ! » fugitive destiné !
Dont le trépas m’a fait soudain renaitre,
"Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?
Ailleurs bien loin d’ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,"
ô toi jeunesse aimée, ô toi qui le savais !
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

