Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
Dans l'azur de Provence,
une gueule noire s'avance.
Il laisse le Mont Viso, le narval
de son Piémont natal.
Il laisse les "camicie nere",
pour les mines de "carbone".
La Provence, il l'a creusée.
Au fond des puits, il a excavé
sa peine, ses Amériques, ses veines,
sa demeure, sa nouvelle caverne.
Être un puisatier, pour sauver de la misère,
sa femme, ses enfants et sa nouvelle terre.
Gueule noire dans cet azur de Provence.
Dans ses faîtes, Il porte mon Père qui lui aussi avance.
Fils du puisatier, il deviendra lui aussi "scavatore".
A son tour, de remuer cette ébène poussière.
Il laissa même son humeur vitrée se vider
au fond d'un de ses puits, lumière de jais.
L'éclat de la pépite noire, balle de revolver
lui a rendu la face meurtrie mais la mine à ciel ouvert.
Mais de si tôt passé sur cette croûte, en surface,
cette poussière s'infiltra dans ses alvéoles, bien en place.
On ne s'évade pas de cette milice noire.
Elle s'infiltre, s'engouffre, sournoise.
Sainte Barbe a su les garder du grisou
mais la houille recouvre maintenant les joues
de ces Puisatiers Piémontais
que j'aimais.
Je me suis terrée, enfouie dans la glaise
oublieuse des peines, des remous, comme canalisée.
J'ai attendu un nouveau puisatier
et il est venu. Il m'a trouvée, excavée, aimée.
Une gueule noire s'avance sous le ciel de Provence.
A ces pieds une source coule, l'amour en résurgence.
