Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
Une ride, un souvenir, un passé
la vie coulent sur les cordons de lierres.
Les persiennes discrètes au reflet d'azur sont poussées.
Le temps et la rouille s’effacent.
Ces fenêtres tapées de soleil,de vent, laissent percer
aujourd'hui un faible rayon. Une brise chuchote.
La poussière soulevée ravive la vie passée dans la cuisine oubliée. Des pas lourds : il rentre au mas..
Ses bras, son dos se souviennent des seaux charriés.
La chaleur de l'effort se dissipe.
Il sait qu'elle l'attend dans sa ferme imaginaire où tout est beau et pur comme dans regain.
Il ralentit pour faire durer le plaisir.
Elle ne bougera pas, cramponnée à la pile,quant sans un mot, il lui soulèvera la jupe, quant sa main quémandeuse
se fera autoritaire. Seul son souffle rapide répondra à son désir, son attente, il sera maladroit dans sa précipitation, guidé par son aide fébrile.
Elle fera tout pour qu'il ait l'impression de la forcer, elle gémira, soufflera comme torturée,violée. Elle dira "non !" pour dire "oui !", elle dira "oui !" pour dire "encore !"
Il balbutiera des mots sans suite, tétanisés, stupéfait de prendre ce corps et cet esprit, de fondre en elle.
Elle sentira ce grand frémissement qu'elle espérait, que tout son corps appelait.
Elle goûtera son huile une autre fois.
Il reprit son chemin vers elle, lentement.
Elle prépare les épices, martèle du pilon.
Son homme, son François, revient des oliviers.
il sent bon la cueillette prometteuse.
il aguiche encore les feuilles de ses cheveux blonds.
Descendu de son échelle, son gaillard
s'approche d'elle doucement,
crois la surprendre, l'embrasse délicatement dans sa nuque offerte.Que cherche-t-il ?
Un désir ? Une récompense après le labeur ?
Il lui retrousse le fichu.
Elle sent son membre, dur, comme ce bois d'olivier.
(Ah que le bois d'olivier peut exciter les chats !)
Elle se retourne, veut aussi faire la cueillette,
toucher ses fruits, ses olives,gorgées de soleil,
si chaudes après une journée de labeur.
Un peu fripées par le froid, elles sont prometteuses cette année.
Elle se languit de goûter leur jus sur sa langue,
boire l'huile essentielle de ce robuste rameau...
recevoir l'essence sacrée dans son calice...
" 28 litres.
Voilà le résumé d'une année passée à les voir venir ces olives.
Voir les fleurs, les petits grains, les rameaux se courber.
Puis les vendanger en haut de l'échelle, dans le ciel cristallisé, les détacher de l'arbre.
Au moulin, respirer l'huile a plein poumon dans le fracas des machines.
Repartir, tatouer d’odeurs comme après l’Amour ,riche de quelques litres, un extrait de pays, un distillat de vie.
Chaque année elles m'attendent dans le froid du petit matin.
Elles jouent avec moi, frissonnent, se cachent derrière les feuilles, sautent hors du filet.
Le ciel traîne des incertitudes, le vent hésite, une grive crachote. Tout vous pénètre.
Vous faites ces gestes ancestraux en communion avec les mêmes attentes, les espoirs, la peine des anciens.
Demain, les arbres dépouillés se laveront sous la pluie.
Obstinés, ils se réuniront en secret pour créer une nouvelle récolte miraculeuse."
Une brise se faufile a travers les persiennes discrètes au reflet d'azur.
j'entr'aperçois son visage, c'est le mien.....
Tatoués d'odeurs remplis
d'Amour...