Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
"Dois- je tenter cette opération ? la dernière."
Elle fut la dernière " Où est mon enfant, où sont mes Aimés ? "
Avec vous, Jean, là à vos cotés...
Votre enfant pleure ce Père perdu et retenu, éffondré
Votre Dame, attristée mais libérée,
votre brue dévouée, votre petit fils peiné
mais Il est le nouveau Jean, le dernier des aînés
un renouveau passionné.
Cet Homme libre a écrit un Poème, un jour, je l'ai retrouvé ainsi sur une feuille découpée d'un vieux cahier, bien pliée en quatre, au fond d'une enveloppe jaunie, perdue au fin fond d'un tiroir noir. L'encre bleue bien tamponnée par le bavoir feutré. L'écriture, à la plume, altière et fine, d'une main qui ne tremblait pas :
"Je suis Maman"
Enfin, le voilà donc le joli poupon rose,
Qui me fit tant souffrir et tant me réjouit
Dans son petit lit blanc, gentiment il repose
Sous le tulle et la toile à demi enfoui !
Est-il assez mignon dans la fine dentelle ?
A-t-il un air crâneur sous son petit bonnet ?
Et sa main potelée, menue, est-elle belle ?
Charmants ses petits pieds, mutin son petit nez ?
Que ses yeux me paraissent vifs quand il les ouvre !
Quel plaisir de laisser partout à l'aventure
Le mignon petit corps , délicat et charmant,
De surveiller tendrement une moue qui s'apprête
D'apaiser d'un mot doux ses pauvres petits cris,
De poser contre moi cette petite tête,
Et de sentir mon coeur qui palpite et qui rit !
Quand il est endormi, j'ai peur qu'il ne s'éveille
Je papillonne, inquiète, autour de son berceau
Et d'un oeil maternel, active, je surveille
J'oublie les jours mauvais, les peines, la souffrance
Les heures lourdes et tristes et les espoirs tremblants
Ma beauté saccagée, l'horrible délivrance
Le passé douloureux et l'avenu troublant
Maman ! Je suis Maman ! Quelle joie est la mienne !
Quel bonheur de passer sur mon sein éperdu
Mon enfant palpitant, de sentir sur la mienne
Sa bouche rechercher le mamelon perdu !
Quelle joie, de le voir dans son lit d'innocence,
Respirer doucement, calme, repus et frais
Le sentir gigoter, tout plein d'impatience,
Quand ses langes sont propres et son corps bien doux
Et sa bouche charmeuse et son air distingué !
N'est- ce pas que, sous les linges chauds qui le recouvrent
Il est beau, le poupon que le sort m'a légué ?...
N'est-ce-pas qu'il est bien fait ? Que je suis fière
N'est-ce-pas qu'il est heureux, mon Marc, d'être son Père ?*
Qu'une larme d'orgueil de ses yeux est tombé ?...
N'est-ce-pas qu'en ce beau jour, en ce jour d'allégresse
C'est un ange prometteur, encore plein de faiblesse
Dont le charme prenant rend mon front radieux !
* La Maman est ici sa Mère et le poupon rose, c'est lui. Marc était le prénom de son Père.