Un récipiendaire d'idées, d'amours,de passions, d'actualités, de poésies. Une richesse à prendre et à partager dans ce prisme à mille facettes qui nous unis dans nos différences, à cet univers infini mais si magnifique. Amare : Aimer ou l'amarrage d'un bateau ivre de Découvertes, de Terre Adama, de Vérité.
L'espoir me revient. Je reprends ma course folle vers ce frêle espoir. Un gondolier attend sa course, me voici. Un pied puis deux me
voila sur mon esquif. "Vite gondolier amenez moi vers la lumière"...A peine assise, qu'un poids lourd à la proue, nous surprend et déstabilise l'embarcation. Je suis faite, il n' y a plus
d'échappatoire. Autour, de l'eau glacée et noire sans fond. Fataliste je regarde devant et attends. "Vous tremblez Madame". J'ose enfin lever mes yeux sur ce que je fuyais depuis la
soirée. Sous un tricorne ébène à calotte ronde et bordé d'un galon or, un loup. Un loup argenté qui ne laisse voir que les yeux d'un bleu abyssal. Ce loup me fixe. Troublée
je n'ose d'avantage plonger mon regard dans le sien, de peur de m'y noyer. Il se défait de sa cape pour la mettre sur mes épaules nues. Une écharpe nouée en lavallière autour de ce cou
puissant, un gilet finement brodé d'arabesques savantes et une chemise blanche immaculée ample narguent les rares flocons qui n'ont toujours pas fixé leur blancheur éphémère sur le paysage.
Des cuissardes souples, un port d'Homme. Hypnotique.
Je montais ces marches , nos mains ne pouvaient se défaire, sûrement, comme la polarité de deux aimants qui s'attirent, nous allions devenir amant. L'inévitable nous attend en haut des marches. Une allée de candélabre à moitié consumés, nous guidait vers une pièce ouatée et parfumée, une lumière crépusculaire baignait la place. Au centre un immense lit entouré d'un voilage si fin, qu'il pouvait frémir à un simple soupir. Un feu de cheminée crépitait discrètement. Derrière une teinture en velours rubis, des musiciens nous jouaient du Vivaldi, les violons frénétiques étaient là pour nous. Tous nos sens étaient ainsi en éveil. Au pied de la couche, je lui enlevais son loup, et lui ma cape. Il prit son épée et d'un geste net et précis me fit sauter tout mon lacet qui retenait ma pudeur. Il jeta cette garde et de ses lèvres charnues et humides me baisa ma nuque. Ses mains se mirent à vagabonder sur mon corps, territoire sans maître. Une chaleur se répandit en moi, me libérant de l'hypnose du bel étranger. Moi même je cherchais à défaire son gilet, à remonter sa chemise et sentir sa peau sous mes doigts, maître et maîtresse. Les cordes des violons devenaient de plus en plus tendues, et nos corps s'enlaçaient de plus en plus. S'entrefaire avec une énergie crescendo, nous finîmes par nous mettre à nu sur cette couche défaite. Mes cuisses offertes, son membre me pénétrait ...toute ma colonne vibrait je me retenais à ce cou puissant, allegro et fortissimo, chevauchée et chevauchante la partition nous régalait des plaisirs de ces sexes entremêlés. L'ultime révélation, la jouissance parfaite.
La musique cessa, Il me laissa là suante, chaude, ravie. Il remit son loup, reprit sa
garde, prit ses chausses et s'en retourna vers les candélabres, là où la nuit commence. Un silence, une absence.